LILI 54-82 : UN ROMAN PHOTO

 

 

Texte : Luc Boltanski | Mise en scène : Murielle Bechame

 

Acteurs : Murielle Bechame, Marc Chouppart et Bouraouïa Marzouk

   Dramaturgie : Sabine Quiriconi | Scénographie : Claire Chavanne

Création Lumière : Dominique Fortin | Création Son : Pascal Gallepe

Vidéaste : Delphine Crépin | Régie son et lumière : Gabrielle Haffaf


Production : Félicie Mousseaux | Relations publics : Maëva Rigout

«  … la violence ne consiste pas tant à blesser et à anéantir, qu’à interrompre la continuité des personnes, à leur faire jouer des rôles où elles ne se retrouvent plus, à leur faire trahir, non seulement des engagements, mais leur propre substance, à faire accomplir des actes qui vont détruire toute possibilité d’acte. Comme la guerre moderne, toute guerre se sert déjà d’armes qui se retournent contre celui qui les tient. Elle instaure un ordre à l’égard duquel personne ne peut prendre distance. Rien n’est dès lors extérieur. La guerre ne manifeste pas l’extériorité de l’autre comme autre ; elle détruit l’identité du Même. »

 

                                                                              Emmanuel Lévinas

Préface de Totalité et infini 1961

Lili 54-82 : un roman photo est un mélodrame.

L’histoire se déroule en 1982, vingt ans après l’indépendance, dans un petit hôtel des environs d’Alger. Les deux protagonistes, Julien, un intellectuel de retour en Algérie, et Leïla, impliquée autrefois dans la résistance algérienne, se retrouvent, convoqués par celui qu’ils appellent « le Professeur » et qu’ils attendent, en évoquant leur jeunesse, le temps de leur première rencontre de leurs premiers amours, le temps de la guerre d'Algérie.

De cette rencontre et de leurs souvenirs autour de vieilles photos émerge leur relation passée. Ces photos ravivent les souvenirs dans le réel de l’instant, évoquent d’autres personnages perdus de vue. Avec eux, les souvenirs de la guerre et ceux de leur intimité passée, sur lesquels plane le fantôme de Lili. De ces retours en arrière fragmentés, surgit une histoire, celle de leur amour et celle de la guerre, celle de ce que la guerre fait à l’amour et de ce que le temps fait aux êtres quand l’amnésie est leur seul recours face à la perte et au mensonge.

Vingt ans auparavant à Alger. Deux jeunes étudiants.

Elle, algérienne, se retrouve avec ses amis de fac à lutter pour l'indépendance de son pays.

Lui, parisien, vient en Algérie avec sa famille pour les vacances et, à la fin des années cinquante, pour y voir son frère appelé.

« Le professeur », un chercheur français pro-libération enseignant à la fac d’Alger, alors professeur de Leila la fait venir en France pour la cacher jusqu'à la Libération. C'est à ce moment là qu'elle rencontre Julien, également élève du professeur depuis que celui-ci a quitté Alger et repris un poste à Paris.

 

« - J’aurais dû

- C’était perdu d’avance

- Nous aurions pu

- Avec la guerre, il n’y a rien à faire

- Se laisser faire

- Elle décide pour toi. Elle décide de tout

- Mais on ne sait pas ce qu’elle veut. Ce qu’elle veut de nous

- On ne sait pas ce qu’il faut faire pour lui survivre »